De l'étymologie en général

Les mots ont une histoire. Tout comme les êtres vivants, ils naissent, évoluent et meurent.

Un mot est plus qu'un simple assemblage de lettres : ce qu'on peut voir d'un mot est le prolongement, l'aboutissement de centaines, voire de milliers d'années d'évolution.

Rechercher l'étymologie d'un mot, c'est aussi voyager dans le temps et dans l'espace, à une échelle qui n'a pas de commune mesure avec l'échelle humaine.

Au-delà de son sens, ce qui est fascinant dans un mot c'est son histoire, son passé, en fait, ce qu'on ne voit pas, mais qui pourtant est riche et passionnant.

Ce sens initial, dissimulé, perdu à jamais peut-être, est fascinant.

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Pourquoi ce site ?

Les langues et les voyages me passionnent, et j'avais pensé qu'un site liant voyage et étymologie, aussi modeste soit-il, pourrait plaire à tous ceux qui partagent les mêmes passions que moi.

J'avais commencé, il y a quelques temps, à noter sur un carnet les différentes étymologies des toponymes que je rencontrais à l'occasion de mes diverses lectures. L'idée d'un site n'est cependant venue que bien plus tard, et répondait au besoin de mettre mes notes au propre, et de partager ce que j'avais compilé.

S'il existe évidemment une multitude de dictionnaires étymologiques des noms communs, ainsi que d'ouvrages présentant l'étymologie des noms des villes, fleuves, montagnes de France, les étymologies des toponymes principaux de notre planète sont, en revanche, plus difficiles à trouver.

C'est la raison pour laquelle j'ai souhaité consacrer ce site aux toponymes, hydronymes et oronymes des principaux reliefs des pays étrangers, en m'efforçant d'en proposer l'étymologie.

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Les sources

La section bibliographie fait apparaître un certain nombre d'ouvrages, mais pour l'instant, la plupart des origines proposées viennent de mes lectures passées, et des notes que j'avais prises à ce moment-là, et je suis incapable maintenant de donner la référence de ces livres.

Dans la mesure du possible, je vérifierai les origines qui ont déjà été saisies, afin de les réviser, les corriger éventuellement. A ce moment-là, je ferai apparaître la source de l'information.

Certaines entrées ont plusieurs étymologies, soit que le document de référence en proposait plusieurs en concurrence, soit que plusieurs sources (identifiées ou pas) proposaient des étymologies différentes.
Dans ce dernier cas, j'ai choisi de toutes les faires apparaître, étant incapable de trancher.

La référence apparaît succintement dans le corps du texte (ref. à l'auteur, l'ouvrage et à la page/section). Pour les détails (édition, etc...), le lecteur est invité à consulter la bibliographie.

J'ai par ailleurs essayé dans la mesure du possible de puiser mes informations dans des sources que je considère fiables. C'est la raison pour laquelle j'ai évité de faire référence à des informations sur internet. La raison en est que les sites disparaissent ou change d'adresse, ce qui rend très difficile, voire impossible, la vérification ou la recherche de renseignements complémentaires, alors qu'un livre, même épuisé, reste éventuellement consultable en bibliothèque ou commandable auprès de l'éditeur.

Malheureusement, je n'ai pas toujours à ma disposition tous les livres qu'il me faudrait, et néanmoins le site doit continuer à vivre et à s'enrichir. C'est ainsi que j'ai fait quelques exceptions, et utilisé certaines informations provenant de sites internet.

Je ferai néanmoins en sorte que ceci reste une exception.

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Quelques définitions

Tout d'abord, voici quelques définitions :

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Origine des toponymes

Les toponymes répondent au besoin de nommer un relief, dans le but de l'identifier.

Ils sont par conséquent le résultat d'un acte volontaire de création, qui ne doit donc rien au hasard : tout toponyme a un sens, même si celui-ci n'apparaît pas clairement au premier abord.

Les toponymes peuvent :

La forme linguistique du toponyme n'est pas nécessairement liée à la famille linguistique de la langue parlée à localement, comme le montre l'exemple des Etats-Unis, où les noms d'origine anglo-saxonne co-existent avec des noms d'origine française (Baton Rouge, Des Moines, ...), indienne (Ohio, Oklahoma, ...), espagnole (Montana, Los Alamos, ...) et mixte (Minneapolis, qui est construit à partir d'un mot indien Dakota et d'un mot grec, ...).

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Comment évoluent-ils ?

Les toponymes, comme tous les mots, ne sont pas figés, mais évoluent avec le temps :

C'est ainsi qu'ils peuvent :

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Endonyme et exonyme

Plusieurs raisons peuvent expliquer pourquoi l'endonyme et l'exonyme peuvent avoir une forme différente :

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Méthodologie

De motivés qu'ils étaient (décrivant la configuration physique du lieu, par exemple), les toponymes deviennent immotivés, dès qu'ils perdent leur sens initial, et qu'ils deviennent des noms propres.
Même s'ils continuent à évoluer, leur évolution ne suit pas toujours nécessairement la même voie que la langue locale, d'autant que le sens initial n'est plus compris par la population.
L'exemple de Naples/Nea Polis ci-dessus le montre clairement.

C'est pour ces raisons que la recherche toponymique est complexe, et semée d'embûches. Il est alors essentiel, pour minimiser les erreurs d'interprétation, de prendre en compte :

La prise en compte des points ci-dessus permet une recherche objective et scientifique de l'étymologie des toponymes, en s'affranchissant, dans une certaine mesure, des pièges que peuvent présenter, par exemple, les ressemblances fortuites, sources de bien des étymologies populaires erronées.
C'est ainsi que le Potomac est le nom d'une rivière des Etats-Unis, et il se trouve aussi par ailleurs que Potamos signifie Fleuve en Grec ancien (que l'on retrouve dans le toponyme Mésopotamie, qui signifie Entre les Fleuves).
Cependant, en dépit leur ressemblance, il faut admettre qu'il ne s'agit que d'une pure coïncidence, les deux mots ne pouvant avoir une origine commune.

En conclusion, baser sa recherche étymologique uniquement sur la linguistique et la ressemblance, est une méthode vouée à l'échec : les données historiques, géographiques, linguistiques et humaines sont nécessaires à l'analyse.

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Jusqu'où peut-on remonter ?

De façon évidente, plus on remonte dans le temps, plus l'analyse est difficile, d'autant que de par leur relative stabilité, les toponymes (et plus particulièrement les hydronymes) peuvent aisément traverser les siècles.

Par exemple, un nombre considérable d'hydronymes en Europe de l'ouest et en Europe centrale montrent de remarquables similitudes, comme Esera en Espagne, Isère en France, Yser en Belgique, Isar en Bavière, Jizera en république Tchèque.
C'est la seule preuve de l'existence d'une population Indo-Européenne pré-Celtique dans ces régions.

A défaut de pouvoir dire que tel ou tel toponyme a telle signification dans telle langue, on en est le plus souvent réduit, pour les toponymes les plus anciens, à dire qu'il est Pré- quelque-chose.

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